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GALYTCHANY - La bandura ukrainienne
 
 

Comme son développement est étroitement lié à l’histoire de l’Ukraine, la bandura est plus qu’un instrument ukrainien, c’est la voix même de l’Ukraine.

D’un point de vue musical, la bandura réuni les principes acoustiques du luth et de la harpe.

 


Cet instrument fut remarqué dès le 6ème siècle dans des chroniques grecques mentionnant des soldats jouant un instrument ressemblant au luth appelé kobza qui était plus petit, plus rond et possédant moins de cordes que la bandura moderne. Au cours du temps des cordes ont été ajoutées, certaines déplacées (les plus graves) sur le côté de l’instrument sous lesquelles les frettes disparurent.

Au Moyen-Age, la bandura fut un des instruments les plus joués dans les cours de l’Europe de l’Est tandis que le luth prédominait les cours de l’Europe de l’Ouest. Elle fut tout d’abord utilisée pour les musiques de danses et les accompagnements de chansons. Elle devint très rapidement un instrument très populaire chez les cosaques ukrainiens qui développèrent un répertoire spécifique pour cet instrument. De là naquit une nouvelle école de musiciens professionnels comparables aux troubadours en France et qui furent appelés kobzari.

Les Kobzari développèrent un genre spécifique s’apparentant à la chanson épique (appelé duma - pluriel dumi), racontant les exploits des cosaques ukrainiens et de leur quête pour la paix et la liberté.

En 1873, au troisième congrès d’Archéologie de Kiev, on put entendre des dumki (évolution de dumi) interprétés par un Kobzar aveugle célèbre à l’époque appelé Ostap Veresay. Sa performance inspira la publication de nombreux articles et livres sur les sujets des dumi et inspira de grands compositeurs comme Anton Dvorak ou Tchaikovsky.

Au début du 20ème siècle il y eu un renouveau de la bandura qui devint très présente dans les populations citadines populaires. De nombreux ensembles se formèrent et sa popularité fut croissante. Parallèlement une demande de nouveau instruments apparut. Cette époque fut riche en évolution de l’instrument dans la technique et la structure. On ajouta des cordes, l’instrument devint chromatique et des leviers permettant les changements de tonalité rapide. Des cours furent créés et on demanda à des musiciens professionnels de composer spécialement pour cette instrument.

Cet engouement pour la bandura fut étroitement lié à un sentiment nationaliste des Ukrainiens.

En 1935, le gouvernement soviétique, sous couvert d’un congrès ethnographique et de collectage des répertoires, convoqua les Kobzari des quatre coins de l’Ukraine à Kharkiv. Là les musiciens furent arrêtés, déportés et exécutés. Le but de l’union Soviétique était de faire disparaître la culture ukrainienne. Persécutions, arrestations et exil devinrent le mode de vie de nombreux artistes et musiciens populaires ukrainiens. De nombreux musiciens s’exilèrent notamment aux USA et au Canada dans les villes portuaires où ils purent perpétuer leur art en sécurité.

La bandura fut également utilisée pour des musiques savantes (sonates, concerti) mais reste essentiellement liée à la musique vocale alliant ainsi deux des plus grands amours du peuple ukrainien : le chant (la voix) et la bandura.

Il existe actuellement trois grands types de bandura :
- La bandura classique, diatonique comportant 20 cordes et des chevilles en bois.
- La bandura de Kharkiv (l'instrument de Nadiya) peut être soit diatonique soit chromatique de 34 à 65 cordes avec un mécanisme simple.
- La bandura de Kiev qui est chromatique, qui comporte de 55 à 64 cordes avec des leviers de transposition.